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L’année 2009 vient de s’écouler.  Comme pour beaucoup, ça été pour moi l’heure du bilan. Je me suis rendue compte que je ne pouvais plus blogguer, par manque de temps mais aussi par manque de motivation. Je crois que je suis bien obligée de reconnaître que ce format ne me convient pas. Je préfère les forums.

Je pense donc effacer ce blog dans les semaines à venir. J’ai un nouveau projet auquel je dois me consacrer …  Si vous voulez continuer à me lire, je peux vous proposer de répondre à cette invitation :D

Nous sommes plusieurs à avoir créé un nouveau forum sur la culture anglaise, la littérature et le cinéma. Il répond au doux nom de Whoopsy Daisy.
Venez vite nous rejoindre pour partager vos coups de coeur ou vos coups de griffe, la peinture est encore fraîche !

Les administrateurs du forum
http://whoopsy-daisy.forumactif.net

Aya de Yopougon

Premier prix lors du Festival d’Angoulême 2006, le premier volet de cette saga nous plonge dans la Côte d’Ivoire des années 70. Elle dresse le portrait d’une Afrique noire plus vraie que nature. Il faut dire que son auteur, Marguerite Abouet, elle-même ivoirienne, en connaît quelque chose. Son pays n’a pas de secrets pour elle et elle les révèle à ses lecteurs avec talent, humour, tendresse et émotion. Les illustrations de Clément Oubrerie ne sont pas en reste et participent pleinement à rendre le paysage d’Abidjan aussi coloré que vivant.

On suit ici le quotidien d’Aya, une jeune fille à la personnalité pour le moins intéressante.  C’est une héroïne comme je les aime, à la fois déterminée, ambitieuse, généreuse … A 19 ans, elle rêve de devenir médecin, au grand dam de ses parents (enfin, surtout de son père ) qui ne voient pas d’un très bon oeil qu’elle fasse des études.

Cette merveilleuse saga met en scène un véritable écosystème. Les tribulations d’Aya et de son entourage (ses amis, sa famille, la famille de ses amis etc) sont pour le moins passionnantes … Elle nous présente une galerie de personnages absolument truculente. Des amies d’Aya à ses parents, en passant par ses voisins, tous ont droit à un portrait réjouissant !

Mes préférés sont Aya (bien sûr), Fanta sa mère (une femme de tête, on sait à qui Aya doit son fort caractère), la petite bonne Féli, le patron de son père et son fils (un paresseux doublé d’un gros dragueur), Moussa mais aussi et peut-être surtout Innocent, le coiffeur du coin et le timide Hervé.

Outre le ton, la qualité du dessin, des dialogues (mon Dieu, qu’est ce que j’ai pu rire et sourire lors de certaines scènes ), de l’intrigue (qui est particulièrement bien construite et riche tant il y a de rebondissements), c’est, je crois, le formidable portrait de l’Afrique qui m’a le plus touchée.

Aya de Yopougon nous plonge dans un véritable théâtre humain dans lequel chacun a une incroyable répartie. L’auteur fait preuve d’une verve honnête qui ne tombe ni dans les clichés ni dans le démonstratif. C’est une saga chatoyante, virevoltante, vitaminée certes mais qui n’évite pas de traiter de certaines déviances … Analphabétisme, polygamie, système patriarcal, autant de thèmes explosifs qui sont abordés avec nuance et réalisme.

Comme le clame si bien l’auteur, Aya de Yopougon dresse le portrait de “Cette Afrique qui subsiste malgré tout” !

On rit, on s’émeut constamment au fil de ses pages et on voyage un peu aussi … C’est une lecture dépaysante, en somme ^^

J’ai dévoré les 4 premiers tomes avec une grande avidité, heureusement que ma médiathèque les avait disponibles tous en même temps !   Je crois que j’aurais été incapable de patienter pour lire la suite !

Pour l’instant, 5 tomes sont sortis. Il me reste le dernier en date à lire, j’ai hâte !

J’ai rencontré l’auteur et le dessinateur lors du dernier salon du livre de jeunesse à Montreuil. J’ai eu droit à une jolie dédicace représentant Innocent ^^

Aggie est la reine de la débrouille. Difficile de faire autrement quand on est orpheline et qu’on ne mange pas tous les jours à sa faim. Avec son ami Orin et son chien Mister Bones, elle a mis au point un numéro pour détrousser les riches passants qui s’aventurent dans les bas quartiers de Boston.
C’est d’ailleurs en essayant de voler le portefeuille de Pemberton Rushworth qu’Aggie l’a rencontré.
Plutôt que de la conduire à la police, ce détective privé lui fait alors une proposition extraordinaire.
Jusqu’à présent, Aggie n’a pas eu beaucoup de chance.
Mais cette drôle de rencontre est une occasion inespérée d’échapper à son destin de gamine des rues. Si Aggie suit attentivement les conseils du détective, elle pourra enfin changer de vie.

Bon, voilà, j’ai terminé le dernier roman de Malika Ferdjoukh hier et ô surprise ! j’ai beaucoup aimé !
Elle prouve  prouve une fois encore qu’elle est une conteuse hors-pair. Sa prose est toujours aussi empreinte de malice et de verve. On ne peut donc qu’être instantanément plongé dans la petite histoire fort charmante de la jeune Aggie, orpheline de Boston, à la crinière rousse qui collectionne aussi bien les tâches de rousseur que les ennuis. Cette héroïne doit son nom à JM Barrie, le père de Peter Pan et on comprend aisément pourquoi. Ce roman peut sans doute être considéré comme un hommage à la littérature anglophone. Péripéties en tout genre, gamin esseulé mais débrouillard, humour teinté de cynisme et de drame, tous les ingrédients sont là pour nous faire passer un bon moment.
On notera aussi la référence (consciente ou non, je l’ignore) à l’héroïne de My Fair Lady. Aggie, tout comme elle, essaie tant bien que mal d’adopter les bonnes manières et le langage soigné d’une milady pour pouvoir usurper l’identité d’une petite fille de bonne famille qui a été enlevée …
94 pages c’est tout de même un peu court, et on en vient parfois peut-être à regretter que le récit ne soit pas plus étoffé tant la trame de l’histoire, les personnages et les situations sont séduisants … Enfin, ce n’est qu’une toute petite réserve de rien du tout. J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman que je classerai maintenant très certainement parmi mes préférés de l’Ecole des Loisirs

Martin Eden de Jack London

Martin Eden, le chef-d’ oeuvre de Jack London, passe pour son autobiographie romancée. Il s’en est défendu, disant que Martin n’était pas socialiste mais individualiste et que son histoire avait été écrite en protestation contre la philosophie de Nietzsche. Il y a plus d’une ressemblance entre l’auteur et le héros : ouvrier devenu romancier célèbre, invité dans les salons, amoureux d’une riche jeune fille qui ne le comprend pas, ex-prolétaire ne se reconnaissant pas dans le prolétariat et qui n’aura jamais sa place chez les bourgeois. Ressemblance poursuivie jusque dans leur échec et dans leur fin prématurée.

J’ai lu de bons livres cette année voire même de très bons mais je crois que je n’avais pas lu un roman aussi impressionnant et vertigineux depuis longtemps ! Je comprends maintenant pourquoi il est aussi souvent cité dans les listes des livres fondateurs de la littérature contemporaine. Sincèrement, pour moi, c’est un chef d’oeuvre.
Je n’avais encore jamais lu de roman de Jack London jusqu’ici (même pas Croc-Blanc ) mais j’ai tout de suite été subjuguée par son style. Il est foisonnant et d’une richesse assez incroyable ! Et puis, on y trouve aucune lourdeur, c’est comme si chaque phrase coulait de source. La lecture est donc aussi agréable que vivifiante.
Martin Eden est une expérience littéraire passionnante, du point de vue de sa forme aussi bien que du fond. Sorte d’autobiographie romancée, le roman nous entraîne sur les pas d’un jeune marin sans fortune aussi idéaliste qu’exalté. Martin a une soif de vivre et d’apprendre admirable mais un peu déconcertante. Lorsqu’il fait la connaissance d’une jeune fille issue de la bourgeoisie, la douce Ruth, il s’éprend d’elle instantanément. Il se fixe donc comme objectif de devenir digne d’elle, aussi bien socialement qu’intellectuellement parlant. Mais comme on le découvrira au fil des pages, Martin Eden ne fait jamais rien à moitié. Il s’embarque alors dans un véritable périple et n’aura de cesse de dévorer ouvrages de philosophie, de sociologie, de science, de la poésie, des romans etc. Il décide de prendre sa revanche sur la vie et ainsi de prouver qu’à force de volonté et de travail, on peut devenir un grand homme de lettres. Mais avant d’obtenir la consécration, il a suera sang et eau, connaîtra toutes les privations et l’humiliation de se voir refusé pendant des années par les journaux ses précieux écrits.
Martin Eden est un vrai aventurier marginal. Au fur et à mesure, il prendra conscience de l’étroitesse d’esprit de la famille de sa bien aimée, et avec elle de tout le milieu bourgeois qu’il mettait il y a si peu de temps sur un piedéstal. Peu à peu dôté d’une féroce lucidité face à la vie, il réalisera la bassesse de toute une catégorie de personnes qu’il avait tout d’abord admiré. Jack London en profite donc pour épingler les socialistes, les petits bourgeois, les rédacteurs et éditeurs avec un cynisme qu’il a bien évidemment aussi attribué à son personnage.
Fascinant est je crois le terme qui conviendrait le mieux à ce roman considéré jusqu’à maintenant comme LA pièce maîtresse de l’oeuvre de Jack London.

 

Feeling : calm calm

Il était une fois – car c’est ainsi que toutes les histoires devraient débuter – un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, persuadé d’entendre sa mère l’appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire. Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l’Europe, David entame un périple à la recherche d’un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d’autres desseins…

J’ai trouvé ce livre réellement impressionnant. Je crois que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas laissée emporter de cette manière par un roman fantastique. On est presque instantanément plongé dans ce récit et enveloppé dans son atmosphère mystérieuse et inquiétante.
D’ailleurs, à ce sujet, je trouve qu’il n’est pas à mettre dans toutes les mains ! Ni le titre ni la couverture (ni même le synopsis) ne laisse présager le côté résolumment glauque et sordide des aventures de notre héros. J’ai trouvé ses péripéties pour le moins effrayantes. La première apparition de “l’homme biscornu” dans la chambre de David, aussi fugace soit-elle, est par exemple très marquante et déstabilisante.
D’ailleurs, ce personnage en lui-même est un des plus horribles qui soient. Les grands méchants des univers de fantasy, tels que Lord Voldemort, font presque pâle figure à côté. Il représente et personnifie presque à lui tout seul les cauchemars de l’enfance. Je l’ai trouvé incroyablement bien dépeint et terriblement sordide. Il est obscène et ignoble.
D’ailleurs, tout l’imaginaire déployé par John Connolly est à son image. Certaines scènes sont particulièrement sanglantes. Je pense notamment à l’épisode avec la chasseresse. La mythologie est riche et très bien construite. Les créatures que rencontre David lors de son périple sont de très belles créations, à tel point que je me suis dit à de nombreuses reprises que le roman a un immense potentiel cinématographique. Je suis certaine qu’on pourrait en faire une très belle adaptation, si on en met les moyens…
Dans l’ensemble, ce livre est donc très grave et très sombre. Si vous cherchez un roman féérique, léger et sympathique, passez tout de suite votre chemin ! Le Livre des Choses Perdues aborde des thèmes très adultes tels que le deuil, la mort, la peur, la famille, la frustration etc. Il est effrayant de par l’accumulation de scènes sanglantes et gores mais aussi et peut-être surtout par le côté résolumment sordide du traitement des peurs de l’enfance et du passage à l’âge adulte. Psychanalytiquement, il y en aurait des choses à dire !
Ce roman de John Connolly offre également de jolis moments de poésie. On trouve beaucoup d’émotion entre ses pages, l’épilogue en particulier est des plus réussis.

En bref, un roman étonnant, déconcertant même par moments et surtout plus profond qu’il n’y paraît. Si vous aimez les réécritures de contes et vous intéressez à l’aspect psychanalytique qu’ils revêtent, je pense qu’il peut tout à fait vous plaire.
Je crois maintenant que je vais entamer une lecture plus rafraîchissante !

 

Feeling : thoughtful thoughtful

Gemma Bovery de Posy Simmonds

Je viens de terminer Gemma Bovery et encore une fois, j’ai beaucoup aimé Bon, peut-être pas autant que Tamara Drewe pour lequel j’ai eu un vrai coup de coeur mais je suis quand même très enthousiaste !

Une fois encore, Posy Simmonds s’inspire d’un classique de la littérature de manière très franche. Sa Gemma rappelle l’héroïne de Flaubert. C’est une jeune femme passionnée, qui s’investit énormément émotionnellement mais qui peine à trouver le bonheur. Elle n’est jamais pleinement satisfaite.
Le roman graphique de Posy Simmonds se fait extrêmement réaliste. On suit le quotidien de Gemma, ses pensées, ses attentes, ses déceptions par le biais de son journal intime, retrouvé par le boulanger du petit village français dans lequel son mari et elle se sont installés. Secrètement amoureux d’elle, Raymond l’a espionnée et a suivi en fin observateur ses aventures sentimentales.
Posy Simmonds est parvenue à créer une héroïne presque de chair et de sang. Elle nous apparaît très crédible, de même que les autres personnages et le récit tragique de sa vie.
Le ton est souvent cynique. Gemma débarque en France avec des rêves pleins la tête mais est bien obligée de reconnaître que sa vision idyllique de la campagne normande est éloignée de la réalité…
C’est fin, remarquablement écrit et incroyablement bien croqué (le coup de crayon de Simmonds me plaît décidément beaucoup ! ).

Je me demande si l’auteur a un nouveau projet en chantier. Il se peut qu’elle prenne encore une fois un grand classique de la littérature comme base de son histoire ! Je rêverais d’une “réécriture” d’un roman de Jane Austen !
En tous cas, une chose est sûre : j’attends avec impatience un éventuel prochain ouvrage ! Cet auteur a un talent fou !

 

 Feeling : busy busy

Si c’était possible …

Shopgirl et Artemis m’ont proposée ce tag littéraire alors je m’éxécute :D

1) Si on vous proposait d’écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n’a pas un don pour la littérature)

Bon, tant qu’à faire, autant choisir un auteur qui sait écrire avec humour (car il m’en faut bien pour considérer qu’on puisse me proposer d’écrire l’histoire de ma vie ^^). J’opterais donc pour my dear Marie-Aude Murail (très douée pour croquer les situations de la vie quotidienne en y insufflant un je-ne-sais-quoi de brillant et original) ou encore l’auteur anglais Nick Hornby dont j’admire l’humour pince sans rire.

Sinon, si je pouvais choisir un auteur plus classique, ma préférence se porterait sans doute sur Marcel Pagnol, pour sa prose chantante et délicate et parce que ses autobiographies sont d’une tendresse et d’une émotion éblouissantes.

2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d’un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaines de pages… Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu’il s’appelle… Daniel Craig. Il a l’air chagrin. Il a une petite douleur à l’épaule, et est persuadé qu’un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre… Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

Ben déjà, dans mon rêve, il ne s’agirait pas de Daniel Craig parce que (oserais-je l’avouer ?) il ne me fait quasimment aucun effet. Alors, au choix, ce serait plutôt Hugh Dancy, James Purefoy, Coliiiiin Firth, Stephen Campbell Moore, Hugh Grant (comment ça, ce ne sont que des anglais ? J’y peux rien moi ^^) … Enfin, bref, pour répondre à la question, j’essaierai peut-être de me faire désirer et de simuler le plus grand intérêt pour le dénouement de mon roman.  Si son regard se fait plus insistant, je me dirais, tout comme Shopgirl, que c’est le moment parfait pour utiliser son marque-page et remettre sa lecture à plus tard.  C’est beau de rêver hein ?

3) C’est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l’humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)

Alors là, c’est une sacrée question ! Je choisirais un livre important, significatif et réellement bouleversant (un roman de grande envergure comme Le Temps où nous chantions de Richard Powers ou quelque chose de plus classique et ancien). Ou alors un livre drôle, tout simplement. L’humour peut-être salvateur après tout.

4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

Un moment où j’ai besoin de m’évader (dans les transports en commun le plus souvent). En fait, je ne lis pas très souvent tranquillement chez moi …

5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?

Hum, Bella *jesaisjesuisméchantemaisjypeuxrienellemagace*

6) Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Certainement pas ! Il faut savoir s’arrêter quand il est temps …

7) Jusqu’où êtes-vous allés pour un livre ?

Hum, il y a 2 semaines, j’ai fait pas moins de 5 librairies pour trouver un livre sur Jane Austen donc je pense que c’est plutôt honorable …

8 ) Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part “bonjour”)

Je peux être très impressionnable alors je ne sais pas trop. Bon, mis à part Jane Austen (ben oui !), je pense à JM Barrie (un homme dont la sensibilité m’a toujours beaucoup fascinée), Victor Hugo (alors là, je crois que je tomberais en pâmoison), Marcel Pagnol, Charles Dickens, Tolstoi, Dostoievski …

9) Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Celle de La Belle et la Bête (version Disney pardi !) Sinon, je crois que je pourrais largement me contenter de celle décrite par Shopgirl (une bibliothèque dans un petit cottage anglais, ce serait absolument charmant !)

10) Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu’il arrête de cramer des bouquins ?

Je crois au pouvoir rédempteur de la lecture/culture mais je pense qu’il a ses limites malheureusement …

 

Feeling : rushed rushed

Décidément, on peut dire que dernièrement, je passe du coq à l’âne. J’ai terminé il y a peu de temps un roman sur fond de guerre et de racisme (Small Island, chroniqué ici même ) et me voilà fraîchement débarquée d’un univers qu’on ne pourrait trouver plus différent. :D
Autant le dire tout de suite : ce roman se situe dans le genre de la romance ou de la chick-lit. Si ce n’est pas votre tasse de thé, je vous prie de passer votre chemin. Je pense tout à fait sérieusement que ce roman ne pourrait pas vous plaire !
Si au contraire votre curiosité vous pousse à en savoir plus, libre à vous de continuer de lire ma “review”.

Ce livre est le premier roman de l’américaine Marilyn Brant. J’en ai entendu parler un peu partout sur la blogosphère.
L’intrigue me semblait particulièrement accrocheuse. C’est l’histoire d’une jeune fille, Ellie, geek et grande amoureuse des livres, qui, en plein cours sur Pride & Prejudice, entend Jane Austen lui parler. Elllie est-elle devenue folle ?  Il semblerait que non. L’esprit du grand auteur anglais serait bien en train de communiquer avec elle !
Les conseils sages, quoiqu’ironiques de Jane, aideront Ellie à passer par les plus difficiles épreuves de l’adolescence. Même si, comme on peut s’en douter, la jeune fille a parfois bien du mal à ne pas laisser tout simplement parler son coeur … Jane Austen n’a de cesse de prôner le self control et la prudence. Et Ellie, bien qu’intelligente et sensible, ne peut s’empêcher d’être un peu trop rêveuse pour son bien  …
Notre histoire commence lorsque Jane met Ellie en garde contre son camarade de classe, Sam Blaine. Ce dernier aime flirter avec elle et fait chavirer son coeur depuis … hum… toujours. Son comportement est ambigu et Ellie ne sait guère comment appréhender ce jeune homme, qui même s’il tourne autour d’elle, a aussi beaucoup de succès auprès du reste de la gente féminine … Jane a un avis sur la question et elle le lui fait savoir clairement : il est son “Mr Wickham” ! 
Marilyn Brant décrit avec beaucoup d’émotion et de nuances les affres de l’adolescence. J’ignore si elle parle en connaissance de cause mais ses descriptions sonnent très justes. Les élans du coeur ne semblent avoir aucun secret pour elle. Certains passages sont particulièrement touchants. On ressent de l’empathie pour le personnage d’Ellie qui, décidément, a bien du mal à trouver chaussure à son pied …
Je pensais être face à un roman pour adolescents mais finalement, je crois qu’on est plutôt en présence d’un livre de romance, tout simplement. Certains passages sont assez explicites  mais ne tombent pas non plus dans la vulgarité. Je pense qu’il fallait tout de même que je vous le signale ^^
L’ensemble du roman rappelle un peu l’univers de Meg Cabot. C’est plutôt bien écrit, rythmé, construit et les personnages et leurs relations sont dépeints avec finesse et drôlerie. C’est aussi – mais ai-je besoin de le préciser ? – particulièrement romantiiiiiiiiiiiiiiique
Cet ouvrage n’est clairement pas un chef d’oeuvre mais c’est un divertissement plus qu’honorable (qui se prêterait sans doute très bien à une adaptation ciné – une comédie romantique de ce genre, je ne la refuserais pas )

Si je devais mettre un bémol, je dirais que la fin ne m’a pas entièrement convaincue, mais je ne peux en dire plus, au risque de vous spoiler …

According to Jane est donc un roman qui se dévore en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Si vous avez envie d’un peu de douceur dans ce monde de brutes, ne boudez pas votre plaisir !  

Note : Comme de bien entendu, ce roman n’a pas encore été traduit en français  …

 

Feeling : amused amused

journaldepeterAutant le dire tout de suite, on a à faire là à un magnifique ouvrage !  Présenté comme un journal intime, il nous fait partager les pensées, espoirs, peurs et troubles du petit garçon le plus célèbre de la littérature anglaise. Confié aux soins des soeurs de l’orphelinat Saint-James, Peter espère un jour retrouver sa mère dont il n’a guère de souvenirs mais dont il garde le portrait précieusement …
Il y fait la connaissance d’une petite bande d’enfants, eux aussi laissés pour compte. Tous ensemble, ils tenteront d’explorer Londres à la recherche d’indices pouvant les mener à la mère de Peter, celle à qui est adressée le journal. Peter croisera sur les quais un drôle de marin du nom de Mr Mouche et entrera ensuite au service d’un étrange et effrayant capitaine qui ne se déplace qu’avec un crochet …
Peter mène son enquête et est sur le point de découvrir un terrible secret sur son passé …

Ce Journal nous mène sur les traces de la genèse de Peter Pan. Il nous dévoile son passé et ce qui fait de lui ce qu’il est devenu : un petit garçon qui s’est abandonné à un univers imaginaire et qui, surtout est devenu, à sa manière, terriblement cynique.
L’ouvrage prend un parti intéressant mais que je ne peux pas vous révéler, de peur de vous gâcher le plaisir de la découverte. Very HappyL’histoire est passionnante et pourrait faire figure de pendant “réaliste” au récit de Barrie.
En bref, je dirais qu’il s’agit d’un excellent prequel doublé d’un très bel objet. Les illustrations sont absolument fabuleuses. On prend un grand plaisir à les admirer et à s’attarder sur les petites enveloppes, photos et autres petits éléments qui contribuent à rendre ce journal si authentique et personnel.

Je vous le conseille vivement ! Very Happy

J’ai aussi pu me rendre à l’exposition Never say Neverland, à la galerie L’Art de Rien, dans le 18ème arrondissement de Paris. J’ai pu y découvrir des illustrations aussi étranges que fascinantes …  Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à aller y jeter un coup d’oeil !  Very Happy 

neverl12

 

Feeling :  cold cold

ja

Abondamment illustré par des documents d’époque, ce livre de référence présente la vie de Jane Austen et de sa famille, mais aussi la biographie croisée des principaux protagonistes de son œuvre — Elizabeth Bennet, Fitzwilliam Darcy, Anne Elliot, les sœurs Dashwood, la famille Bertram ou Emma Woodhouse : comme s’ils avaient existé, plus vrais que nature, ils sont les exemples de cette Régence virevoltante et mondaine. Avec une chronologie détaillée des politiques anglaise et française de la fin du XVIIIe s. jusqu’au milieu du XIXe s., des articles sur les classes sociales et l’étiquette, la Saison londonienne ou les villes à la mode, ainsi qu’un hommage de John Kessel aux univers de Jane Austen et de Frankenstein (prix Nebula 2008).

Bon, c’est officiel : j’adore littéralement ce bouquin ! :D En fait, je ne pensais pas qu’il s’agissait d’un ouvrage aussi sérieux et documenté, et en même temps si ludique. Je crois que je m’intéresserai de plus près aux publications de la maison d’édition Les Moutons Electriques à l’avenir !
Dans la dernière partie de l’ouvrage, on peut lire un texte d’un certain John Kessel qu’il a écrit en hommage à Jane Austen. Je l’ai trouvé particulièrement savoureux. On dirait une sorte de fanfiction. L’auteur prend le parti de montrer Mary Bennet comme une héroïne. C’est drôle de voir une jeune fille aussi laissée pour compte se montrer finalement plus intéressante qu’elle ne le laissait paraître. Sa vie intérieure est très bien dépeinte. Dans ce récit, intitulé Orgueil & Prométhée, Mary Bennet rencontre lors d’un bal un certain Mr Frankenstein, un gentleman allemand mystérieux qui ne la laisse pas indifférente. L’histoire, vue comme ça, a l’air quelque peu déconcertante mais c’est ce qui la rend justement aussi fascinante. Le fait d’apporter des éléments fantastiques à une oeuvre telle qu’ Orgueil & Préjugés me laisse d’ordinaire plutôt dubitative. Il faut dire que je n’ai pas du tout été séduite par Pride & Prejudice & Zombies
Mais ici, le récit est un hommage respectueux et en même temps, particulièrement original et pertinent. Le style de Kessel est très bon et les personnalités de chacun des protagonistes créés par Jane Austen tout à fait respectées.
Bref, ce récit a de quoi déconcerter mais il le fait dans le bon sens du terme. Un bien curieux texte que cet Orgueil & Prométhée, donc ! :D

Quant à la première partie, qui constitue en fait le plus gros de l’ouvrage, elle est tout aussi excellente. Il s’agit en fait d’une sorte de biographie croisée de Jane Austen. Je ne connaissais pas ce principe mais je le trouve absolument détonnant. Le récit de la vie de l’auteur croise celui de celle de ses personnages, aussi bien principaux que secondaires !
Je n’ai pas encore eu le temps de tout lire mais il me semble que l’auteur, Isabelle Ballester, a accompli un travail extraordinaire. La biographie de Jane Austen est aussi riche que passionnante. J’irais même jusqu’à dire qu’elle est meilleure (enfin, d’une manière tout à fait différente) que celle de Claire Tomalin, que j’avais tout de même beaucoup appréciée.
Elle regorge d’infos tout à fait intéressantes sur la Régence. Tout ou presque y est abordé, de la politique, aux coutumes anglaises de l’époque, en passant par l’Histoire littéraire. Je n’ai lu qu’une vingtaine de pages pour l’instant mais j’ai déjà appris une foule de choses !
Je repasserai par ici plus tard pour vous donner un avis plus définitif mais vraiment pour l’instant, je suis très très enthousiaste !

Feeling : enthralled enthralled

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