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Il était une fois – car c’est ainsi que toutes les histoires devraient débuter – un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, persuadé d’entendre sa mère l’appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire. Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l’Europe, David entame un périple à la recherche d’un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d’autres desseins…

J’ai trouvé ce livre réellement impressionnant. Je crois que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas laissée emporter de cette manière par un roman fantastique. On est presque instantanément plongé dans ce récit et enveloppé dans son atmosphère mystérieuse et inquiétante.
D’ailleurs, à ce sujet, je trouve qu’il n’est pas à mettre dans toutes les mains ! Ni le titre ni la couverture (ni même le synopsis) ne laisse présager le côté résolumment glauque et sordide des aventures de notre héros. J’ai trouvé ses péripéties pour le moins effrayantes. La première apparition de “l’homme biscornu” dans la chambre de David, aussi fugace soit-elle, est par exemple très marquante et déstabilisante.
D’ailleurs, ce personnage en lui-même est un des plus horribles qui soient. Les grands méchants des univers de fantasy, tels que Lord Voldemort, font presque pâle figure à côté. Il représente et personnifie presque à lui tout seul les cauchemars de l’enfance. Je l’ai trouvé incroyablement bien dépeint et terriblement sordide. Il est obscène et ignoble.
D’ailleurs, tout l’imaginaire déployé par John Connolly est à son image. Certaines scènes sont particulièrement sanglantes. Je pense notamment à l’épisode avec la chasseresse. La mythologie est riche et très bien construite. Les créatures que rencontre David lors de son périple sont de très belles créations, à tel point que je me suis dit à de nombreuses reprises que le roman a un immense potentiel cinématographique. Je suis certaine qu’on pourrait en faire une très belle adaptation, si on en met les moyens…
Dans l’ensemble, ce livre est donc très grave et très sombre. Si vous cherchez un roman féérique, léger et sympathique, passez tout de suite votre chemin ! Le Livre des Choses Perdues aborde des thèmes très adultes tels que le deuil, la mort, la peur, la famille, la frustration etc. Il est effrayant de par l’accumulation de scènes sanglantes et gores mais aussi et peut-être surtout par le côté résolumment sordide du traitement des peurs de l’enfance et du passage à l’âge adulte. Psychanalytiquement, il y en aurait des choses à dire !
Ce roman de John Connolly offre également de jolis moments de poésie. On trouve beaucoup d’émotion entre ses pages, l’épilogue en particulier est des plus réussis.

En bref, un roman étonnant, déconcertant même par moments et surtout plus profond qu’il n’y paraît. Si vous aimez les réécritures de contes et vous intéressez à l’aspect psychanalytique qu’ils revêtent, je pense qu’il peut tout à fait vous plaire.
Je crois maintenant que je vais entamer une lecture plus rafraîchissante !

 

Feeling : thoughtful thoughtful

Gemma Bovery de Posy Simmonds

Je viens de terminer Gemma Bovery et encore une fois, j’ai beaucoup aimé Bon, peut-être pas autant que Tamara Drewe pour lequel j’ai eu un vrai coup de coeur mais je suis quand même très enthousiaste !

Une fois encore, Posy Simmonds s’inspire d’un classique de la littérature de manière très franche. Sa Gemma rappelle l’héroïne de Flaubert. C’est une jeune femme passionnée, qui s’investit énormément émotionnellement mais qui peine à trouver le bonheur. Elle n’est jamais pleinement satisfaite.
Le roman graphique de Posy Simmonds se fait extrêmement réaliste. On suit le quotidien de Gemma, ses pensées, ses attentes, ses déceptions par le biais de son journal intime, retrouvé par le boulanger du petit village français dans lequel son mari et elle se sont installés. Secrètement amoureux d’elle, Raymond l’a espionnée et a suivi en fin observateur ses aventures sentimentales.
Posy Simmonds est parvenue à créer une héroïne presque de chair et de sang. Elle nous apparaît très crédible, de même que les autres personnages et le récit tragique de sa vie.
Le ton est souvent cynique. Gemma débarque en France avec des rêves pleins la tête mais est bien obligée de reconnaître que sa vision idyllique de la campagne normande est éloignée de la réalité…
C’est fin, remarquablement écrit et incroyablement bien croqué (le coup de crayon de Simmonds me plaît décidément beaucoup ! ).

Je me demande si l’auteur a un nouveau projet en chantier. Il se peut qu’elle prenne encore une fois un grand classique de la littérature comme base de son histoire ! Je rêverais d’une “réécriture” d’un roman de Jane Austen !
En tous cas, une chose est sûre : j’attends avec impatience un éventuel prochain ouvrage ! Cet auteur a un talent fou !

 

 Feeling : busy busy

Si c’était possible …

Shopgirl et Artemis m’ont proposée ce tag littéraire alors je m’éxécute :D

1) Si on vous proposait d’écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n’a pas un don pour la littérature)

Bon, tant qu’à faire, autant choisir un auteur qui sait écrire avec humour (car il m’en faut bien pour considérer qu’on puisse me proposer d’écrire l’histoire de ma vie ^^). J’opterais donc pour my dear Marie-Aude Murail (très douée pour croquer les situations de la vie quotidienne en y insufflant un je-ne-sais-quoi de brillant et original) ou encore l’auteur anglais Nick Hornby dont j’admire l’humour pince sans rire.

Sinon, si je pouvais choisir un auteur plus classique, ma préférence se porterait sans doute sur Marcel Pagnol, pour sa prose chantante et délicate et parce que ses autobiographies sont d’une tendresse et d’une émotion éblouissantes.

2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d’un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaines de pages… Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu’il s’appelle… Daniel Craig. Il a l’air chagrin. Il a une petite douleur à l’épaule, et est persuadé qu’un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre… Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

Ben déjà, dans mon rêve, il ne s’agirait pas de Daniel Craig parce que (oserais-je l’avouer ?) il ne me fait quasimment aucun effet. Alors, au choix, ce serait plutôt Hugh Dancy, James Purefoy, Coliiiiin Firth, Stephen Campbell Moore, Hugh Grant (comment ça, ce ne sont que des anglais ? J’y peux rien moi ^^) … Enfin, bref, pour répondre à la question, j’essaierai peut-être de me faire désirer et de simuler le plus grand intérêt pour le dénouement de mon roman.  Si son regard se fait plus insistant, je me dirais, tout comme Shopgirl, que c’est le moment parfait pour utiliser son marque-page et remettre sa lecture à plus tard.  C’est beau de rêver hein ?

3) C’est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l’humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)

Alors là, c’est une sacrée question ! Je choisirais un livre important, significatif et réellement bouleversant (un roman de grande envergure comme Le Temps où nous chantions de Richard Powers ou quelque chose de plus classique et ancien). Ou alors un livre drôle, tout simplement. L’humour peut-être salvateur après tout.

4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

Un moment où j’ai besoin de m’évader (dans les transports en commun le plus souvent). En fait, je ne lis pas très souvent tranquillement chez moi …

5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?

Hum, Bella *jesaisjesuisméchantemaisjypeuxrienellemagace*

6) Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Certainement pas ! Il faut savoir s’arrêter quand il est temps …

7) Jusqu’où êtes-vous allés pour un livre ?

Hum, il y a 2 semaines, j’ai fait pas moins de 5 librairies pour trouver un livre sur Jane Austen donc je pense que c’est plutôt honorable …

8 ) Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part “bonjour”)

Je peux être très impressionnable alors je ne sais pas trop. Bon, mis à part Jane Austen (ben oui !), je pense à JM Barrie (un homme dont la sensibilité m’a toujours beaucoup fascinée), Victor Hugo (alors là, je crois que je tomberais en pâmoison), Marcel Pagnol, Charles Dickens, Tolstoi, Dostoievski …

9) Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Celle de La Belle et la Bête (version Disney pardi !) Sinon, je crois que je pourrais largement me contenter de celle décrite par Shopgirl (une bibliothèque dans un petit cottage anglais, ce serait absolument charmant !)

10) Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu’il arrête de cramer des bouquins ?

Je crois au pouvoir rédempteur de la lecture/culture mais je pense qu’il a ses limites malheureusement …

 

Feeling : rushed rushed

Décidément, on peut dire que dernièrement, je passe du coq à l’âne. J’ai terminé il y a peu de temps un roman sur fond de guerre et de racisme (Small Island, chroniqué ici même ) et me voilà fraîchement débarquée d’un univers qu’on ne pourrait trouver plus différent. :D
Autant le dire tout de suite : ce roman se situe dans le genre de la romance ou de la chick-lit. Si ce n’est pas votre tasse de thé, je vous prie de passer votre chemin. Je pense tout à fait sérieusement que ce roman ne pourrait pas vous plaire !
Si au contraire votre curiosité vous pousse à en savoir plus, libre à vous de continuer de lire ma “review”.

Ce livre est le premier roman de l’américaine Marilyn Brant. J’en ai entendu parler un peu partout sur la blogosphère.
L’intrigue me semblait particulièrement accrocheuse. C’est l’histoire d’une jeune fille, Ellie, geek et grande amoureuse des livres, qui, en plein cours sur Pride & Prejudice, entend Jane Austen lui parler. Elllie est-elle devenue folle ?  Il semblerait que non. L’esprit du grand auteur anglais serait bien en train de communiquer avec elle !
Les conseils sages, quoiqu’ironiques de Jane, aideront Ellie à passer par les plus difficiles épreuves de l’adolescence. Même si, comme on peut s’en douter, la jeune fille a parfois bien du mal à ne pas laisser tout simplement parler son coeur … Jane Austen n’a de cesse de prôner le self control et la prudence. Et Ellie, bien qu’intelligente et sensible, ne peut s’empêcher d’être un peu trop rêveuse pour son bien  …
Notre histoire commence lorsque Jane met Ellie en garde contre son camarade de classe, Sam Blaine. Ce dernier aime flirter avec elle et fait chavirer son coeur depuis … hum… toujours. Son comportement est ambigu et Ellie ne sait guère comment appréhender ce jeune homme, qui même s’il tourne autour d’elle, a aussi beaucoup de succès auprès du reste de la gente féminine … Jane a un avis sur la question et elle le lui fait savoir clairement : il est son “Mr Wickham” ! 
Marilyn Brant décrit avec beaucoup d’émotion et de nuances les affres de l’adolescence. J’ignore si elle parle en connaissance de cause mais ses descriptions sonnent très justes. Les élans du coeur ne semblent avoir aucun secret pour elle. Certains passages sont particulièrement touchants. On ressent de l’empathie pour le personnage d’Ellie qui, décidément, a bien du mal à trouver chaussure à son pied …
Je pensais être face à un roman pour adolescents mais finalement, je crois qu’on est plutôt en présence d’un livre de romance, tout simplement. Certains passages sont assez explicites  mais ne tombent pas non plus dans la vulgarité. Je pense qu’il fallait tout de même que je vous le signale ^^
L’ensemble du roman rappelle un peu l’univers de Meg Cabot. C’est plutôt bien écrit, rythmé, construit et les personnages et leurs relations sont dépeints avec finesse et drôlerie. C’est aussi – mais ai-je besoin de le préciser ? – particulièrement romantiiiiiiiiiiiiiiique
Cet ouvrage n’est clairement pas un chef d’oeuvre mais c’est un divertissement plus qu’honorable (qui se prêterait sans doute très bien à une adaptation ciné – une comédie romantique de ce genre, je ne la refuserais pas )

Si je devais mettre un bémol, je dirais que la fin ne m’a pas entièrement convaincue, mais je ne peux en dire plus, au risque de vous spoiler …

According to Jane est donc un roman qui se dévore en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Si vous avez envie d’un peu de douceur dans ce monde de brutes, ne boudez pas votre plaisir !  

Note : Comme de bien entendu, ce roman n’a pas encore été traduit en français  …

 

Feeling : amused amused

journaldepeterAutant le dire tout de suite, on a à faire là à un magnifique ouvrage !  Présenté comme un journal intime, il nous fait partager les pensées, espoirs, peurs et troubles du petit garçon le plus célèbre de la littérature anglaise. Confié aux soins des soeurs de l’orphelinat Saint-James, Peter espère un jour retrouver sa mère dont il n’a guère de souvenirs mais dont il garde le portrait précieusement …
Il y fait la connaissance d’une petite bande d’enfants, eux aussi laissés pour compte. Tous ensemble, ils tenteront d’explorer Londres à la recherche d’indices pouvant les mener à la mère de Peter, celle à qui est adressée le journal. Peter croisera sur les quais un drôle de marin du nom de Mr Mouche et entrera ensuite au service d’un étrange et effrayant capitaine qui ne se déplace qu’avec un crochet …
Peter mène son enquête et est sur le point de découvrir un terrible secret sur son passé …

Ce Journal nous mène sur les traces de la genèse de Peter Pan. Il nous dévoile son passé et ce qui fait de lui ce qu’il est devenu : un petit garçon qui s’est abandonné à un univers imaginaire et qui, surtout est devenu, à sa manière, terriblement cynique.
L’ouvrage prend un parti intéressant mais que je ne peux pas vous révéler, de peur de vous gâcher le plaisir de la découverte. Very HappyL’histoire est passionnante et pourrait faire figure de pendant “réaliste” au récit de Barrie.
En bref, je dirais qu’il s’agit d’un excellent prequel doublé d’un très bel objet. Les illustrations sont absolument fabuleuses. On prend un grand plaisir à les admirer et à s’attarder sur les petites enveloppes, photos et autres petits éléments qui contribuent à rendre ce journal si authentique et personnel.

Je vous le conseille vivement ! Very Happy

J’ai aussi pu me rendre à l’exposition Never say Neverland, à la galerie L’Art de Rien, dans le 18ème arrondissement de Paris. J’ai pu y découvrir des illustrations aussi étranges que fascinantes …  Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à aller y jeter un coup d’oeil !  Very Happy 

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Feeling :  cold cold

ja

Abondamment illustré par des documents d’époque, ce livre de référence présente la vie de Jane Austen et de sa famille, mais aussi la biographie croisée des principaux protagonistes de son œuvre — Elizabeth Bennet, Fitzwilliam Darcy, Anne Elliot, les sœurs Dashwood, la famille Bertram ou Emma Woodhouse : comme s’ils avaient existé, plus vrais que nature, ils sont les exemples de cette Régence virevoltante et mondaine. Avec une chronologie détaillée des politiques anglaise et française de la fin du XVIIIe s. jusqu’au milieu du XIXe s., des articles sur les classes sociales et l’étiquette, la Saison londonienne ou les villes à la mode, ainsi qu’un hommage de John Kessel aux univers de Jane Austen et de Frankenstein (prix Nebula 2008).

Bon, c’est officiel : j’adore littéralement ce bouquin ! :D En fait, je ne pensais pas qu’il s’agissait d’un ouvrage aussi sérieux et documenté, et en même temps si ludique. Je crois que je m’intéresserai de plus près aux publications de la maison d’édition Les Moutons Electriques à l’avenir !
Dans la dernière partie de l’ouvrage, on peut lire un texte d’un certain John Kessel qu’il a écrit en hommage à Jane Austen. Je l’ai trouvé particulièrement savoureux. On dirait une sorte de fanfiction. L’auteur prend le parti de montrer Mary Bennet comme une héroïne. C’est drôle de voir une jeune fille aussi laissée pour compte se montrer finalement plus intéressante qu’elle ne le laissait paraître. Sa vie intérieure est très bien dépeinte. Dans ce récit, intitulé Orgueil & Prométhée, Mary Bennet rencontre lors d’un bal un certain Mr Frankenstein, un gentleman allemand mystérieux qui ne la laisse pas indifférente. L’histoire, vue comme ça, a l’air quelque peu déconcertante mais c’est ce qui la rend justement aussi fascinante. Le fait d’apporter des éléments fantastiques à une oeuvre telle qu’ Orgueil & Préjugés me laisse d’ordinaire plutôt dubitative. Il faut dire que je n’ai pas du tout été séduite par Pride & Prejudice & Zombies
Mais ici, le récit est un hommage respectueux et en même temps, particulièrement original et pertinent. Le style de Kessel est très bon et les personnalités de chacun des protagonistes créés par Jane Austen tout à fait respectées.
Bref, ce récit a de quoi déconcerter mais il le fait dans le bon sens du terme. Un bien curieux texte que cet Orgueil & Prométhée, donc ! :D

Quant à la première partie, qui constitue en fait le plus gros de l’ouvrage, elle est tout aussi excellente. Il s’agit en fait d’une sorte de biographie croisée de Jane Austen. Je ne connaissais pas ce principe mais je le trouve absolument détonnant. Le récit de la vie de l’auteur croise celui de celle de ses personnages, aussi bien principaux que secondaires !
Je n’ai pas encore eu le temps de tout lire mais il me semble que l’auteur, Isabelle Ballester, a accompli un travail extraordinaire. La biographie de Jane Austen est aussi riche que passionnante. J’irais même jusqu’à dire qu’elle est meilleure (enfin, d’une manière tout à fait différente) que celle de Claire Tomalin, que j’avais tout de même beaucoup appréciée.
Elle regorge d’infos tout à fait intéressantes sur la Régence. Tout ou presque y est abordé, de la politique, aux coutumes anglaises de l’époque, en passant par l’Histoire littéraire. Je n’ai lu qu’une vingtaine de pages pour l’instant mais j’ai déjà appris une foule de choses !
Je repasserai par ici plus tard pour vous donner un avis plus définitif mais vraiment pour l’instant, je suis très très enthousiaste !

Feeling : enthralled enthralled

Random thoughts

J’ai enfin mis à jour la liste de ma PAL (pile de livres à lire pour celles et ceux qui l’ignorent encore). Je vais essayer de l’organiser régulièrement. Je pense ajouter également dans les jours à venir une liste de mes livres lus et films/séries tv vus dans le courant de l’année. Je suis une vrai fana des listes^^

A part ça, hier j’ai fini de visionner l’adaptation d’ Emma (en 4 épisodes) diffusée sur la BBC. Il faut que je prenne le temps de vous dire tout le bien que j’en pense, surtout que je ne suis pas certaine de pouvoir vous faire un compte-rendu d’une adaptation austenienne de si tôt. En effet, la chaîne anglaise envisage sérieusement de ne plus produire autant de period dramas 19ème dans les années à venir et de se concentrer sur une époque plus récente (en témoigne la diffusion prochaine de Small Island, que j’attends tout de même avec une grande impatience).

Il serait difficile de ne pas leur en vouloir mais en même temps, je comprends leur situation. Et puis les “janéites” ont quand même connu quelques années de folie avec toutes ces mini-séries, films, téléfilms et autres biopics. Il est peut-être temps de mettre en lumière d’autres auteurs …

Je rêverais d’une adaptation de The Lost art of keeping secrets d’Eva Rice (L’Amour comme par hasard en VF, dont j’ai déjà parlé sur mon blog), avec un scénario d’Heidi Thomas tant qu’à faire ! :D

Sinon, rayon séries tv, je dois bien dire qu’en ce qui me concerne, c’est le calme plat. Rien ne me plaît vraiment dans les nouveautés de la rentrée. Je me suis mise à White Collar, mais outre la présence du très très séduisant Matthew Bomer (si vous ne voyez pas qui c’est, je vous conseille d’aller faire un tour sur google images^^), le pilot ne m’a pas enthousiasmée tant que ça … Pourtant l’histoire de l’association plus qu’inattendue entre un agent du FBI et son pire ennemi, un malfaiteur-gentleman qu’il poursuit depuis des années avait de quoi intriguer. Je vais quand même essayer de suivre la suite. Mais force m’est de reconnaître que les séries policières sont loin d’être mes préférées, même si celle-ci semblait un peu moins conventionnelle que les autres.

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Côté lecture, je me suis absolument régalée ces derniers mois. Il faut dire qu’avec un peu plus de 2h de transport par jour, j’ai le temps de faire de jolies découvertes. J’ai lu beaucoup de choses légères, des romans ados et de la romance plutôt drôle. J’en reparlerai dans un prochain billet.

PS : J’ai aussi un  Twitter ! Pour y accéder, cliquez sur le bouton tout en bas à droite de la page. N’hésitez pas à me rejoindre ! :)

Feeling : productive productive

 

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Bienvenue dans mon nouveau chez moi ! J’espère que vous apprécierez le nouveau décor. Pour l’instant, j’en suis plutôt satisfaite. J’avais envie de revenir à mes premiers amours. Voilà donc chose faite puisque j’ai choisi de mettre en vedette ma romancière préférée, Jane Austen (ici, merveilleusement incarnée par Olivia Williams dans le magnifique biopic Miss Austen regrets datant de l’année dernière).
Comme vous pouvez le remarquer, certaines petites choses ont été modifiées, d’autres ajoutées. Je ne suis pas encore très à l’aise avec toutes les fonctionnalités que propose WordPress mais je compte bien rendre ce blog le plus attrayant possible :D
Parmi les nouveaux ajouts, vous trouverez la liste de ma PAL (mise à jour le plus souvent possible), à laquelle vous pourrez bientôt accéder en cliquant sur le bouton en haut de la page, le programme de mes  billets à venir et prochainement plein d’autres petites surprises (des sondages, des petites animations etc).
Il me reste encore à ajouter quelques liens à ma BLOGROLL. Si vous ne voyez pas votre site y figurer, n’hésitez pas à me laisser un commentaire. Je m’empresserai d’y remédier !
Donc, voilà, je crois que c’est tout ce que j’ai à dire pour l’instant. J’attends avec impatience vos commentaires, remarques et autres suggestions.

A très très (très) bientôt !

PS : N’oubliez pas de changer votre carnet d’adresse :)

PS 2 : Vous retrouverez l’intégralité de mes anciens billets dans les jours (ou semaines) à venir.

 

Feeling :  sleepy

97820710.gifJ’ai fini le roman en fin de semaine dernière. J’ai passé un très agréable moment de lecture (décidément, j’ai l’impression que depuis un certain temps je ne lis que des choses qui me plaisent ! ). Le titre en version original est, sans surprise, bien plus significatif et proche de l’esprit du roman que ce pâle Hortense et Queenie. Car ici, il s’agit peut-être avant tout pour l’auteur de rendre hommage à cette petite île (“Small Island”), la Jamaïque, minuscule territoire dans un empire britannique en train de rétrécir.
Dans ce récit, nous suivons les destins de personnes qui n’étaient sans doute pas faites pour se rencontrer mais que les évènements auront tôt fait de bouleverser.
Ce livre est un roman polyphonique, où les voix s’entremêlent et se croisent. Tout d’abord, nous faisons la connaissance d’une jeune londonienne du nom de Queenie Bligh dont le mari, Bernard, s’est enrôlé dans l’armée. Elle peine pour survivre et décide donc de sous-louer quelques chambres de sa maison à certaines personnes vues comme peu recommandables en ces temps de guerre et d’intolérance. Parmi eux, une homme de la RAF, un jamaïcain courageux et attachant du nom de Gilbert Joseph. Celui-ci fera ensuite venir sa jeune épouse, du nom d’Hortense, laquelle a toujours rêvé de venir en Angleterre.
Mais en arrivant dans sa mère patrie, Hortense est bien obligée de reconnaître qu’elle ne s’attendait pas à vivre dans une petite pièce salle, mal chauffée et étriquée. C’est le choc des illusions perdues, car le racisme ambiant prend le bas sur ses espoirs de jeune enseignante ambitieuse…
Gilbert et elle sont chaque jours confrontés au racisme ordinaire dans une Angleterre de l’après guerre qui a souffert mais qui n’est tout de même pas prête à se remettre en question.

Le roman est grave, il évoque sans aucune concession les difficultés d’intégration ainsi que l’absurdité de la guerre et des conflits internes et “raciaux”. Mais en même temps – et c’est ce qui rend le roman aussi brillant à mes yeux – il est pétri d’humanité. Small Island est un roman indéniablement chaleureux, dans lequel on s’attache sans aucune difficulté aux héros (car ils le sont tous, indubitablement, dans leur force aussi bien que dans leurs faiblesses). Le récit est drôle et émouvant tout à la fois. Les personnages vivent de douloureuses expériences mais l’auteur parvient à insuffler dans son histoire de brefs moments d’espoir, de douceur et d’humanité.
Bref, pour moi, c’est une vraie réussite ! Je mettrai peut-être un tout petit bémol : j’ai été peut-être un chouia moins séduite par la partie relatée par Bernard, laquelle m’a semblée légèrement décousue du reste … Mais c’est vraiment pour chipoter ^^

Je suis très impatiente de découvrir l’adaptation BBC maintenant !!!
Ruth Wilson ne ressemble pas vraiment à l’image physique que je me fais du personnage de Queenie mais je suis tout de même ravie qu’elle ait été choisie pour ce rôle. Je suis sûre qu’elle sera très bien ! L’adaptation devrait être diffusée d’ici la fin de l’année et sera d’une durée de 2 épisodes de 90 minutes …

Snobs de Julian Fellowes

41%2B-N5AtdZL._SL500_AA240_.jpgSnobs est le premier roman de Julian Fellowes qui a reçu en 2002 l’Oscar du meilleur scénario pour le film Gosford Park. Le narrateur est un comédien de second plan qui navigue avec beaucoup d’aisance dans les classes privilégiées tout en dénonçant leurs travers. Il va suivre les aventures de son amie, Edith Lavery, la jolie fille d’un expert comptable ayant relativement bien réussi, et de sa femme, éblouie par la haute société. Lors d’une visite au château Broughton Hall, Edith, standardiste dans une agence immobilière de Chelsea, fait connaissance du fils de la maison, Charles, comte Broughton et héritier du marquis de Uckfield. Célibataire, Charles gère les propriétés de sa famille dans le Sussex et le Norfolk. D’après les chroniqueurs mondains, c’est un des célibataires les plus enviables, et enviés, de l’aristocratie anglaise. Quand il la demande en mariage, Edith accepte, mais est-elle vraiment amoureuse de lui ? N’est ce pas plutôt de son titre, de son rang et de tout ce qui va avec ?

Ce roman s’apparente à la satire sociale. Il est drôle, caustique et même touchant par moments.
Le narrateur, qui est donc un acteur de second plan et accessoirement, un homme tout à fait banal quoique très observateur et lucide, dénonce ici les travers de l’aristocratie anglaise qu’il fréquente de manière plus moins assidue. Mais c’est peut-être avant tout l’arrivisme qu’il épingle plus férocement encore. Son héroïne, Edith est ridiculisée et discréditée sous la plume ironique et doucereuse de l’auteur. Julian Fellowes montre une fois de plus qu’il est passé maître dans l’art de mettre en scène les comédies de moeurs et de brosser des portraits d’une grande finesse psychologique. On se surprend à plaindre Charles, l’héritier d’une des plus riches familles britanniques, ennuyeux à mourir mais dont le coeur a été cruellement brisé. La galerie de personnages (des gentlemen-farmers en tweed, aux demoiselles éprises de reconnaissance sociale, en passant par les acteurs les plus vaniteux du show biz) est sans doute ce que je retiendrais le plus de cette chronique délicieusement british. Le style quant à lui, est purement irréprochable. Très alerte, Julian Fellowes se présente comme un excellent conteur !
On pense à Nancy Mitford, à Evelyn Waugh et on en redemande !
Ce n’est peut-être pas le meilleur roman “social” que j’ai lu, encore moins le plus original mais il se lit avec un grand plaisir.

L’auteur et comédien Stephen Fry est enthousiaste lui aussi :
« Dévorer ce roman, qui reflète toutes les nuances aussi exaspérantes que terriblement séduisantes de la société anglaise, est un régal délicieusement coupable. Un pur enchantement. »

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