Il était une fois – car c’est ainsi que toutes les histoires devraient débuter – un garçon de 12 ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie, son demi-frère. Une nuit, persuadé d’entendre sa mère l’appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire. Alors que la Seconde Guerre mondiale déferle sur l’Europe, David entame un périple à la recherche d’un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d’autres desseins…
J’ai trouvé ce livre réellement impressionnant. Je crois que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas laissée emporter de cette manière par un roman fantastique. On est presque instantanément plongé dans ce récit et enveloppé dans son atmosphère mystérieuse et inquiétante.
D’ailleurs, à ce sujet, je trouve qu’il n’est pas à mettre dans toutes les mains ! Ni le titre ni la couverture (ni même le synopsis) ne laisse présager le côté résolumment glauque et sordide des aventures de notre héros. J’ai trouvé ses péripéties pour le moins effrayantes. La première apparition de “l’homme biscornu” dans la chambre de David, aussi fugace soit-elle, est par exemple très marquante et déstabilisante.
D’ailleurs, ce personnage en lui-même est un des plus horribles qui soient. Les grands méchants des univers de fantasy, tels que Lord Voldemort, font presque pâle figure à côté.
Il représente et personnifie presque à lui tout seul les cauchemars de l’enfance. Je l’ai trouvé incroyablement bien dépeint et terriblement sordide. Il est obscène et ignoble. ![]()
D’ailleurs, tout l’imaginaire déployé par John Connolly est à son image. Certaines scènes sont particulièrement sanglantes. Je pense notamment à l’épisode avec la chasseresse. La mythologie est riche et très bien construite. Les créatures que rencontre David lors de son périple sont de très belles créations, à tel point que je me suis dit à de nombreuses reprises que le roman a un immense potentiel cinématographique. Je suis certaine qu’on pourrait en faire une très belle adaptation, si on en met les moyens…
Dans l’ensemble, ce livre est donc très grave et très sombre. Si vous cherchez un roman féérique, léger et sympathique, passez tout de suite votre chemin ! Le Livre des Choses Perdues aborde des thèmes très adultes tels que le deuil, la mort, la peur, la famille, la frustration etc. Il est effrayant de par l’accumulation de scènes sanglantes et gores mais aussi et peut-être surtout par le côté résolumment sordide du traitement des peurs de l’enfance et du passage à l’âge adulte. Psychanalytiquement, il y en aurait des choses à dire ! ![]()
Ce roman de John Connolly offre également de jolis moments de poésie. On trouve beaucoup d’émotion entre ses pages, l’épilogue en particulier est des plus réussis. ![]()
En bref, un roman étonnant, déconcertant même par moments et surtout plus profond qu’il n’y paraît. Si vous aimez les réécritures de contes et vous intéressez à l’aspect psychanalytique qu’ils revêtent, je pense qu’il peut tout à fait vous plaire.
Je crois maintenant que je vais entamer une lecture plus rafraîchissante !
thoughtful


Décidément, on peut dire que dernièrement, je passe du coq à l’âne. J’ai terminé il y a peu de temps un roman sur fond de guerre et de racisme (Small Island, chroniqué ici même ) et me voilà fraîchement débarquée d’un univers qu’on ne pourrait trouver plus différent. :D

Autant le dire tout de suite, on a à faire là à un magnifique ouvrage ! Présenté comme un journal intime, il nous fait partager les pensées, espoirs, peurs et troubles du petit garçon le plus célèbre de la littérature anglaise. Confié aux soins des soeurs de l’orphelinat Saint-James, Peter espère un jour retrouver sa mère dont il n’a guère de souvenirs mais dont il garde le portrait précieusement …





sleepy
J’ai fini le roman en fin de semaine dernière. J’ai passé un très agréable moment de lecture (décidément, j’ai l’impression que depuis un certain temps je ne lis que des choses qui me plaisent ! ). Le titre en version original est, sans surprise, bien plus significatif et proche de l’esprit du roman que ce pâle Hortense et Queenie. Car ici, il s’agit peut-être avant tout pour l’auteur de rendre hommage à cette petite île (“Small Island”), la Jamaïque, minuscule territoire dans un empire britannique en train de rétrécir.
Snobs est le premier roman de Julian Fellowes qui a reçu en 2002 l’Oscar du meilleur scénario pour le film Gosford Park. Le narrateur est un comédien de second plan qui navigue avec beaucoup d’aisance dans les classes privilégiées tout en dénonçant leurs travers. Il va suivre les aventures de son amie, Edith Lavery, la jolie fille d’un expert comptable ayant relativement bien réussi, et de sa femme, éblouie par la haute société. Lors d’une visite au château Broughton Hall, Edith, standardiste dans une agence immobilière de Chelsea, fait connaissance du fils de la maison, Charles, comte Broughton et héritier du marquis de Uckfield. Célibataire, Charles gère les propriétés de sa famille dans le Sussex et le Norfolk. D’après les chroniqueurs mondains, c’est un des célibataires les plus enviables, et enviés, de l’aristocratie anglaise. Quand il la demande en mariage, Edith accepte, mais est-elle vraiment amoureuse de lui ? N’est ce pas plutôt de son titre, de son rang et de tout ce qui va avec ?


